POUR AVOIR MAL FERRÉ ET BLESSÉ LE CHEVAL DU CHARRETIER: Ibrahima Thiam reçoit 13 coups mortels de couteau de Malick Seck qui lui réclamait

POUR AVOIR MAL FERRÉ ET BLESSÉ LE CHEVAL DU CHARRETIER: Ibrahima Thiam reçoit 13 coups mortels de couteau de Malick Seck qui lui réclamait le remboursement des 30.000 F Cfa de soins de l’animal

Pour avoir mal ferré et blessé le cheval du charretier Malick Seck, le forgeron Ibrahima Thiam a trouvé la mort d’une manière atroce. Malick Seck lui a asséné 13 coups mortels de couteau en lui perforant les poumons. Le procureur a requis la perpétuité. Délibéré le 20 janvier prochain.

Unique fils de la vieille dame Astou Kane, Ibrahima Thiam, forgeron, la vingtaine révolue à cette époque, est mort dans des conditions atroces. Ibrahima Thiam, pour avoir mal ferré le cheval de l’un de ses clients, a été lâchement abattu à coups de couteau dans la journée du 16 juillet 2017, vers 14 heures, à l’unité 16 des Parcelles Assainies. L’auteur de ce crime crapuleux n’est autre que le charretier de 29 ans Malick Seck. En effet, après avoir acheté un cheval à 400.000 F Cfa, Malick Seck avait aussi acheté des fers pour les sabots de la bête. Ce faisant, il a requis les services de sa victime pour poser les fers sur les sabots de l’animal contre 2.000 F Cfa, à raison de 500 F pour chaque patte du cheval. Le travail ainsi fait, Malick Seck s’est rendu compte le lendemain que l’animal qu’il chérissait tant boitillait. Sur ces entrefaites, il s’est rendu auprès du vétérinaire qui lui a prescrit une ordonnance avec des anti-inflammatoires pour les soins de la bête. Hélas, ça n’allait toujours pas, car l’animal continuait toujours à souffrir. C’est là qu’il a requis les servies d’un autre vétérinaire. Celui-ci a conclu que c’est le ferrage des sabots qui n’était pas bien fait.
Ainsi, Malick Seck a appelé au téléphone Ibrahima Thiam pour que ce dernier lui rembourse les 30.000 f dépensés pour les soins de la bête. Là, le ton est monté entre les deux hommes et les nerfs se sont tendus, puis s’ensuivirent des empoignades avant qu’une altercation n’éclate. Et dans la mêlée, Malick Seck a asséné 13 coups de couteau à Ibrahima Thiam. Ce dernier s’est alors affalé sur le sol gisant dans une mare de sang, lâchement abandonné sur les lieux par son bourreau qui est allé se réfugier à la plage de Golf Sud.



Le couteau a traversé le poumon et a percé la paroi thoracique

Informés du drame qui venait de produire, les éléments de la police des Parcelles Assainies ont rappliqué sur le lieu du crime, à l’unité 16, avant que les sapeurs ne transportent le corps du défunt pour une autopsie.
Dans le certificat de genre de mort, l’homme de l’art a fait état de la présence de 13 coups de couteau sur différentes parties du corps, d’une hémorragie interne et externe d’une grande abondance provoquée par une arme blanche tranchante et pointue d’une longueur de 30 cm. Toujours selon ledit document, la plus grave des blessures d’Ibrahima Thiam se trouvait à son dos. Car, dit-il, le couteau a traversé le poumon et a percé la paroi thoracique.



Malick Seck se rend à la police et avoue son crime


Curieusement, c’est Malick Seck qui s’est livré à la police pour avouer son crime. Inculpé pour le crime d’assassinat, Malick Seck a été renvoyé et jugé hier devant la Chambre criminelle de Dakar où il a révélé qu’il n’avait pas l’intention d’attenter à la vie du forgeron. «Je l’ai conduit auprès de la bête qui était couchée, puis je lui ai montré ses deux pattes avant qui étaient blessées. Il l’a constaté et a déploré les blessures. Il avait refusé de prendre ses responsabilités concernant l’animal blessé. Après échange de propos, je lui ai demandé de me rembourser la somme de 30.000 F Cfa que j’ai dépensée pour les soins de mon cheval. Parce que je n’avais plus d’argent pour m’occuper de l’animal. Il a refusé et on s’est bagarré, avant que je ne le poignarde. Il reculait au moment où je lui administrais les coups de couteau. Mais, j’ignore le nombre de fois que je lui ai asséné des coups», a-t-il narré.


Ibrahima Seck, beau-père du défunt : «ce qu’il dit n’est pas avéré, il était plus fort que le défunt»

Beau-père du défunt Ibrahima Seck, Cheikh Diagne dira à son tour : «on nous a appelés vers 15h en nous informant de son décès. Il a été poignardé à 13 reprises. Et j’ai moi-même constaté les endroits où il lui a infligé les coups de couteau. Tout ce qu’il dit aujourd’hui n’est pas avéré, il était plus fort que le défunt», a-t-il précisé.


Astou Kane, mère de la victime : «Tous les milliards du monde ne pourront compenser la perte de mon fils»

Mère de la victime, Astou Kane, très peinée par la disparition de son unique fils, a étalé ses états d’âme devant le prétoire. «Tous les milliards du monde ne pourront compenser la perte de mon fils. Il était mon seul et unique soutien. Son père est décédé alors qu’il était encore dans mon ventre. C’est mon unique fils. Il payait ma location, ma nourriture etc. Malick Seck m’a causé du tort. Parce que depuis la mort de mon fils, je ne suis que l’ombre de moi-même. Il m’a entretenu pendant plus de 10 ans alors qu’il n’avait que 20 ans environ. Je réclame à titre de dédommagement 10 millions et pour le reste, je m’en remets à la justice», a martelé la vieille femme.



Le ministère public requiert la prison à perpétuité contre Malick Seck


Se penchant sur l’atrocité de la mort du forgeron, le procureur a évoqué un acharnement de la part de Malick Seck. À en croire le parquetier, c’est le coup de couteau qu’il a reçu dans son dos et qui lui a percé les poumons et la paroi thoracique qui lui a été fatal. «Pour une affaire de 30.000 F Cfa, il s’est acharné sur lui aveuglément. Son seul dessein, c’était qu’il trouve la mort. Je ne suis pas contre les défenseurs des animaux. Mais est-ce que la vie d’un cheval vaut mieux que celle d’une personne ? C’est la question qu’il faudrait se poser. Est-ce que la somme de 30.000 F Cfa vaut mieux que la vie d’une personne ? Il n’y a pas de légitime défense, ni de provocation, encore moins de coups mortels, parce que la riposte est disproportionnée. Puisque la victime se battait avec lui à mains nues. Sa seule motivation, c’était de se faire désintéresser. Il voulait coûte que coûte que son cheval soit traité», a fait observer le substitut du ministère public qui a requis la prison à perpétuité contre Malick Seck.
Avocat de la défense, Me Seyba Danfakha a rappelé au parquet qu’ils ne vont pas plaider la légitime défense ou l’excuse de provocation. Mais, la robe noire a demandé la disqualification de l’assassinat en coups mortels ayant entraîné la mort sans intention de la donner, parce que selon lui, c’est ce qu’il y a en réalité dans ce dossier. Son successeur a abondé dans le même sens en confirmant que le nombre de coups donnés à la victime s’est traduit par son état colérique puisqu’il a soutenu qu’il ne se contrôlait pas. Délibéré le 20 janvier prochain.

Fatou D. DIONELES ECHOS

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