MOHAMED FALL, ALIAS TONTON LIBASSE, BIG MO, PATIAX, ZIAPOU…D’une trajectoire de champion de lancer du poids et de judo…à une vie de comédien

IL A ÉTÉ RÉVÉLÉ AU GRAND PUBLIC PAR LE PETIT ÉCRAN. NOTAMMENT DANS LA PUBLICITÉ D’ORANGE MONEY, UN SERVICE DE TRANSFERT D’ARGENT MIS EN PLACE PAR LA SOCIÉTÉ DE TÉLÉPHONIE MOBILE ORANGE. IL, C’EST LE COMÉDIEN MOHAMED FALL, ALIAS TONTON LIBASSE, ALIAS ZIAPOU, ALIAS PATIAX, ALIAS BIG MO… HOMME AUX MULTIPLES SURNOMS, MOHAMADOU FALL EST UN SÉNÉGALO-IVOIRIEN, NÉ EN JUIN 1987 EN CÔTE D’IVOIRE. MAIS AUSSI ET SURTOUT UN ANCIEN CHAMPION DE LANCER DU POIDS, DOUBLÉ D’UN JUDOKA.

Il est un ancien athlète de haut niveau, qui a participé même au championnat d’Afrique de lancer du poids.  Mais aujourd’hui, il est devenu une figure de la «comédie publicitaire». Lui, c’est Mohamed Fall, alias Tonton Libasse, alias Ziapou, alias Patiax, alias Big Mo. Né en Côte d’Ivoire en juin 1987, il habite  à Grand-Yoff où nous l’avons trouvé. Et en ce début d’après-midi de mercredi, sous une chaleur torride, Patiax nous a accueillis dans sa chambre, une photo de lui plaquée au mur, une guitare à côté, des médailles accrochées au mur, avec un grand lit à la dimension de sa taille et une armoire où sont rangés de nombreux trophées qu’il a gagnés lors des compétitions.
Ziapou est, en effet, un sportif de haut niveau reconverti dans l’art, dans la comédie plus précisément. Mais ici, chez lui, ce sont les va-et- vient incessants des gens qui viennent livrer des caisses où sont écrites thé pour infusion, qui attirent encore l’attention. Car, à l’entrée, il y a une boutique de vente de couches pour bébé et un salon de coiffeur. Tel est en tout cas le décor de la demeure de Tonton Libasse, cet autre surnom qu’on lui colle. Cependant, ce qui fait la particularité de cette maison, c’est l’odeur de la cuisson des beignets qui nous chatouille le palais.
«Je suis célibataire, sans enfant»

C’est autour d’un succulent «Mafé yapp» (riz à la sauce de pâte d’arachide) et d’un bon Coca-Cola que Tonton Libasse nous reçoit dans sa chambre. Vêtu d’une «Djellaba» et d’un bonnet noir, avec un short de la même couleur, Patiax ou encore Big mo, est relax. Du reste, force est de dire que ce pseudo de Big Mo lui colle à merveille. Car, il n’est pas n’importe qui. Colosse au physique imposant, Big Mo, ce rondouillard mesure en effet plus de 1 mètre 85 .
Ainsi, d’emblée, Mohamed Fall précise : «Je suis célibataire sans enfants. Mais je rêve d’avoir une belle femme, en l’occurrence une belle ‘Jongoma’. Et ce moment, il y a une fille dans mon cœur», tient-il à éclairer, pour couper court aux supputations.
Cependant, pour les gens qui le connaissent à travers des publicités et le théâtre, Patiax renseigne qu’il a appris le métier de la communication sociale au niveau de l’Institut supérieur des sciences de l’information et de la communication (Issic) où il a effectué sa formation pendant 5 ans. «Cette formation m’a beaucoup aidé dans mon travail de comédien. Parce que, poursuit-il, l’adage dit : l’on ne peut pas communiquer. Donc, tout est une forme de communication. Même le fait de ne rien dire est une forme de communication. La gestuelle, le regard, l’expression faciale, l’expression corporelle, tout cela c’est de la communication. Après cette découverte, je me suis dit:’ dans la communication, il y a à faire pour vivre aussi ma passion qu’est le théâtre».
«Le comédien doit maîtriser  les 3P»

«Donc, ajoute-t-il, pourquoi ne pas faire le link. Après plusieurs analyses, plusieurs recherches et plusieurs découvertes et certaines formations que j’ai faites, je me suis dit qu’il y a un rapport. Parce que, dans la communication et dans le marketing, pour pouvoir faire la vente d’un produit, il va falloir utiliser les 4 P c’est-à-dire le produit, le prix, la place et la promotion. Mais après, quand je me suis mis au théâtre, j’ai vu dans le marketing théâtral ou bien dans le jeu d’acteur que le comédien aussi doit pouvoir vraiment maîtriser les 3 P : la parole, la pensée, la plastique».
«Dans la communication, on peut communiquer sans pour autant ouvrir la bouche. Mais le théâtre aussi, on peut le faire sans ouvrir la bouche. Parce que, dans une dynamique de communication, la communication elle est non verbale à 95%. Le fait de ne rien dire, c’est une forme de communication. Et aujourd’hui, je parviens à faire la communication ou bien le théâtre sans pour autant ouvrir la bouche», souligne-t-il.
«J’ai eu le prix du meilleur second rôle dans la série ‘Goorgoorlou’ en 2012»

«Je suis reconnu à travers mes prestations à la télévision avec Lamarana Diallo que je remercie de passage. Car j’ai fait ma première prestation avec lui et j’incarnais le rôle d’un fou. J’ai débuté avec Lama et il m’a appris à faire beaucoup de choses, alors que j’étais encore au collège de Grand-Yoff, puis au lycée moderne de Dakar (Lymodak) dans les foyers. C’est là que, grâce à Djiby Touré alias Bour Guéweul que j’ai connu Lamarana Diallo», renseigne-t-il.
«Et, aujourd’hui, grâce à Dieu, j’incarne d’autres personnages, d’autres rôles et avec d’autres productions. J’ai joué dans la série  ‘Goorgoorlou’ et j’ai incarné là-bas deux personnages. D’ailleurs, j’ai eu le prix du meilleur second rôle dans la série ‘Goorgoorlou’ en 2012. Pour vous dire, les Sénégalais me confondaient à un Ivoirien. Certes, je suis né en Côte d’Ivoire, mais je suis bien Sénégalais», confie-t-il.
«J’ai eu beaucoup de médailles de 2002 à 2009» au niveau national et international»

Revenant sur son cursus Big Mo souligne qu’avant de faire le théâtre, il a été dans la famille sportive. Tout a démarré au Cem de Grand-Yoff, vers les années 1999 et 2000, grâce à son entraîneur, Mademba Mbacké. Il souligne que ce dernier l’a beaucoup aidé dans la vie, pas seulement dans le milieu sportif, mais dans la vie de tous les jours. «Si aujourd’hui je commence à devenir quelqu’un, c’est grâce à lui, hormis ce que mes parents m’ont légué», dit-il.
Evoquant cette vie de sportif, il confie: «C’est Mademba Mbacké qui m’a aidé à accéder à l’équipe d’athlétisme du Jaraaf comme lanceur de poids. Et dans ce sport, j’ai eu pas mal de titres. J’ai été champion du Sénégal en cadet-junior en 2003, puis champion d’Afrique en 2004 et 5e championnat d’Afrique juniors en 2005. J’ai été également champion de la Zone 2 seniors en 2006 et 3e au championnat du Sénégal sénior en 2006, pour résumer un peu ma carrière».
Un lanceur doublé d’un judoka

Hormis le lancer du poids, Tonton Libasse a aussi pratiqué le judo. «Au moment où je pratiquais le lancer de poids, je faisais en même temps le judo avec Souleymane Boun Daouda Diop qui est actuellement directeur de la haute compétition du ministère des Sports. J’ai été champion du Sénégal junior en judo et j’ai eu beaucoup de médailles au tournoi des «4 grands, mais aussi au tournoi du Cercle Mess des officiers et avant cela dans les compétitions de judo de l’Uassu, dans le sport scolaire», évoque Mohamed Fall.
Sur les raisons qui l’ont poussé à tourner le dos au sport pour atterrir dans le théâtre, il fait dans la philosophie : «Vous savez, l’homme n’est pas ce qu’il est, ni ce qu’il a été et ce qu’il sera. Je n’ai pas choisi de laisser le sport au profil du théâtre. J’ai fait mon temps dans le sport. Et peut être que mon destin avait dit qu’aujourd’hui, je serai dans le théâtre».

«Et pourtant, quand j’étais dans le monde sportif, j’avais des qualités de faire de la comédie. Pendant les compétitions, dans les coulisses et regroupements notamment, je passais mon temps à faire rigoler les gens. Sans pour autant que je sache qu’un jour viendra et que je devienne un comédien professionnel», lâche-t-il.
«Je rêve d’Hollywood, d’avoir des maisons, des voitures, de fonder une famille…»

Evoquant sa carrière de comédien, notamment les cachets qu’il perçoit pour ses prestations dans des publicités, le communicant renseigne qu’il rend grâce à Dieu. «Je ne me plains pas, ‘mangui sant Yalla’, rassure-t-il. Quoi que les gens puissent dire, si j’ai des besoins à satisfaire, Dieu m’aide à subvenir à ces besoins».

«Mais comme toute personne, je rêve d’un meilleur devenir. Je rêve d’Hollywood, d’avoir des maisons, des voitures, de fonder une famille… Et je me donnerai corps et âme pour atteindre mes objectifs. Je suis un ‘Fallène’ et je suis trop fier de mon prénom, Mohamed, donc je me battrai pour mes rêves», avertit-il.

«J’ai énormément de projets en tête, mais comme dit un proverbe en wolof, ‘ku ñëp xam fo jëm, do yeeg’. Comme j’ai dit, certes je rêve d’Hollywood. Mais sachez que j’ai vraiment envie d’aider mon pays. Mon combat aujourd’hui, c’est que les comédiens puissent accéder et maîtriser le marché audiovisuel. Parce que je trouve anormal qu’un bon comédien, bien formé, avec tout son potentiel puisse être laissé en rade et qu’à sa place on prenne un animateur ou un mannequin pour lui faire jouer un rôle dans un film ou lui faire faire de la publicité. Alors, je dis : l’homme qu’il faut à la place qu’il faut», plaide Big Mo.

Big Mo, sa diarrhée chronique et ses «bombes atomiques» au retour d’un voyage

Pour finir en beauté, Tonton Libasse nous livre une anecdote hilarante, une expérience qu’il a vécue sur le chemin du retour d’un voyage au Mali en bus. Il explique qu’il avait mangé de la viande grillée et bu du lait caillé. Ce qui lui a coûté cher. «Durant tout le voyage, c’est une diarrhée chronique, sans compter les «tiit-tiit» (bruit du pet) des bombes atomiques que je larguais. Avec les secousses, je suais à grosses gouttes et je ne parlais plus aux gens», se marre-t-il.

«Et pourtant, à l’aller, c’est moi qui animais le bus. Mais au retour, j’ai fait du ‘mut’, silence total. Mais quand je suis arrivé vers Rufisque, j’étais tout content. Car j’ai vu la station qui était tout près et j’ai fait mes besoins sans même me soucier des gens qui étaient dans les alentours», lâche Big Mo dans un fou rire général.

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