Mauritanie, Viol et meurtre de Khadijetou et de Moyma Mint Mohamed Amar

L’histoire du viol suivi de meurtre de la dame Khadijetou Oumar Sow, dans une zone dégagée aux alentours de Tiguend (Trarza) située à 100 km de Rosso, avait soulevé l’indignation de la population mauritanienne dans son ensemble. La Cour criminelle du tribunal de Rosso, au sud-ouest du pays, a prononcé la peine capitale contre l’auteur du double crime.

Cette peine a été prononcée suivant l’article 280 du droit pénal mauritanien, a indiqué la Cour du tribunal de Rosso, mercredi, lors de l’audience tenue en présence des parents et proches de la défunte. Ces derniers ont fait le déplacement de Kaédi et Nouakchott pour assister au prononcé. Les parents de la victime Khadijetou Oumar Sow, ont salué le verdict du tribunal.

Cette affaire remonte au mois de mars dernier. Khadijetou Oumar Sow, la trentaine, disparaissait le 25 mars 2020, mais son corps n’a été retrouvé que dans la nuit du 12 avril, à quelques kilomètres de Tiguint, en direction du village de Legoueichich, entre les dunes de sable et la mer. Informée de cette histoire, la police de Dar-Naim a très rapidement ouvert une enquête, pour élucider cette affaire nébuleuse.

C’est ainsi que les forces de sécurité mauritaniennes parviendront à mettre la main sur le présumé violeur et assassin, Adama Bâ, qui sera ensuite conduit à Tiguend, où il a été remis à la brigade de gendarmerie, puis déféré au parquet de Rosso. Il a été écroué à la Maison d’Arrêt de Rosso, avant qu’il ne soit jugé et condamné à la peine capitale, mercredi, par la cour criminelle du tribunal de Rosso.

Pour rappel, Khadijetou Oumar Sow serait venue de Kaédi sur invitation d’un certain Adama Bâ, qui lui aurait promis du travail. Une fois à Nouakchott, la fille, sur la demande du nommé Adama Bâ, se serait rendue à Tiguint. À deux reprises, selon sa tante qui habite dans le quartier de Bouhdida, la fille a quitté la maison pour se rendre à Tiguint et revenait le soir. Mais ce fatidique 25 mars, Khadijetou partira pour ne plus revenir. Le contact avec sa famille et ses parents à Nouakchott se serait interrompu vers 17 heures.

La famille signala la disparition de la fille au commissariat de police et les recherches furent lancées. Grâce à l’opérateur Mauritel, les enquêteurs remonteront l’historique des échanges téléphoniques. C’est ainsi qu’ils tombèrent sur les 55 appels d’Adama Bâ.

Depuis l’annonce, jeudi O3 septembre 2020, aux alentours de 21 heures, de l’agression sexuelle suivie d’assassinat de la jeune fille, Moyma Mint Mohamed Amar, dans une zone située, non loin de la Route de la Résistance, dans la banlieue de Nouakchott-Nord par une bande de présumés malfaiteurs, parents, proches, amies et société civile sont vent debout pour dénoncer la situation qui a atteignit son paroxysme.

Plusieurs centaines de militantes de l’Association des femmes Cheffes de familles (AFCF) ont manifesté, mercredi 09 septembre 2020, en début de journée, à Nouakchott, Rosso et Nouadhibou, pour dénoncer le viol suivi d’assassinat dont a été victime la jeune fille.

A Nouakchott, l’AFCF a manifesté dans le cadre d’un collectif d’Organisations des droits humains et de groupes de femmes devant les locaux du ministère de l’intérieur et de la décentralisation et celui de la justice, situés, à quelques mètres du palais présidentiel, pour manifester leur indignation sur les faits barbares.

A Rosso, la capitale du Trarza, au sud du pays, la coordinatrice des projets de l’Association des femmes cheffes de familles présidée par l’activiste, Me Marième M’Baye, a présidé un sit-in organisé devant le siège du palais de justice, sous le slogan : « Non à la violence faite aux femmes et aux filles ».

Lors de ce sit-in, Me Marième M’Baye, a déclaré qu’elles sont sorties aujourd’hui, en masse pour dénoncer les actes cruels que des assassins ont infligés à la jeune fille Moyma. Suite à ces agissements, elles réclament justice. Selon, Mint M’Baye, la recrudescence des viols suivis de meurtres est à un niveau inquiétant et effroyable aujourd’hui, du coup, il est temps que la loi criminalisant ces actes soit promulguée.

A Nouadhibou, la capitale économique du pays, les responsables, militantes de l’AFCF et les activistes des droits humains se sont donné rendez-vous ce mercredi à dix heures devant le palais de justice. Militants associatifs et citoyens ont observé un sit-in en solidarité avec Moyma et ses parents, 28 ans, violée puis tuée le jeudi 03 septembre 2020 dans les périphéries de Dar-Naim.

« Elle avait été abandonnée sur des dunes de sable après avoir été sauvagement violée et mutilée », raconte une manifestante aux yeux pleins de larmes, au discours entrecoupé avec une voix cassée. Non, loin d’elle, une autre précise que « la manifestation est aussi l’occasion de rappeler que les violences faites aux femmes persistent et qu’elles sont aujourd’hui banalisées ».

« Non au viol, non à la violence », « Son seul tort : être une femme », « Moyma, j’écris ton nom » ou encore « Brisons le silence », pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants.

Au total, plusieurs centaines de personnes de tous âges ont exprimé leur colère et leur condamnation de tous les actes de violences que subissent encore les femmes et les filles. Réunis sous un soleil ardent, les manifestants ont également interpellé les décideurs pour que les femmes soient mieux protégées avec la loi contre les violences (…).

Après l’enquête de la police….
Les présumés auteurs du viol et du meurtre, ont été arrêtés par la police. Selon les informations relayées par la presse arabophone, après la fin de l’enquête et la restitution des faits sur le lieu du drame, ils ont été déférés, aujourd’hui, devant le Procureur de la République près de la Wilaya de Nouakchott-Nord. Ils seront entendus dans les heures qui suivent par le juge d’instruction, dit-on.

Avec nos correspondants

1 Commentaire

  1. Gueye

    octobre 1, 2020 at 10:32

    C’est vraiment barbare je demande une peine capitale à perpétuité

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