Le gaspillage omniprésent dans les cérémonies malgré l’acuité de la crise économique

Les sénégalais sont très attachés à leurs traditions, coutumes, et croyances. Les «ndawtal», «diakhal», «yélou mame», «tankou ndieuké», étaient pratiqués, pour raffermir les liens entre les familles. Bien sûr modérés à nos moyens. Désormais ces pratiques sont  faites d’une manière démesurée pour concurrence.

Nous sommes à Pikine un quartier populaire de Dakar. Si ce lieu est aussi rythmé c’est bien sur par ce qu’il est coutumier à des cérémonies. Ici les baptêmes, les mariages, et les anniversaires sont habituels. Les Tam-Tams qui résonnent, les griots chantent, les femmes dansent, les enfants enthousiasmés. Les hommes d’un coté qui discutent de tout et de rien, les colas distribués. Nous sommes à une cérémonie de mariage. Un mariage très particulier. La vedette du jour fait son défilé. Habillement chic, de la tête au pied. C’est la mariée, accueillie par les griots qui chantent ses louanges, les billets comme réponse sortent de partout. Accompagnée de ses « Domou ndeye » celles-ci n’arrêtent pas des distribuer des billets. Ici rien n’est fait à moitié.

Interrogée sur la question des gaspillages dans cérémonies A.Gueye, nous dit que « Ce n’est pas du gaspillage, c’est une chose tout à fait normale même si y’a un changement dû à la modernité. Nos ancêtres le faisaient, notre devoir est de transmettre ces pratiques aux générations futures. C’est la société qui l’impose ». Selon elle le mariage, est une chose qu’on ne fait qu’une fois dans sa vie. Si on fait des choses simples, tout le monde en parle le lendemain et tu seras la risée de ta belle-famille. Donc on est obligé de faire de chose sans demi-mesure.

La plupart des gens fustigent la gente féminine. En soutenant l’idée selon laquelle ceux sont les femmes qui gaspillent par ce qu’elles aiment trop la concurrence et le «M’as-tu vu?»

A.Diop un père de famille et dénonce l’irréalisme des femmes dans les cérémonies de mariages, baptêmes, anniversaires et « Nganalé ». «Il y’a des femmes qui ont une folie de grandeur, même si elles ne peuvent pas, elles cherchent par tous les moyens à faire une grande cérémonie et gaspiller de l’argent.» Pour lui certaines vont jusqu’à emprunter de l’argent ou faire partie d’une tontine. Embouchant la même trompette A.Diallo pense que c’est insensé de travailler une année et dépenser tout en une journée. Il faut faire l’essentiel et arrêter les futilités de pratiques ancestrales appelés « Térals» et autres dans les mariages, baptêmes et anniversaire. Et de ramener les gens à la raison parce que dit-il il y’a des gens qui n’ont même pas le stricte nécessaire pour vivre.

Le gaspillage est de plus en plus pratiqué en atteste L. Mendy un nouveau marié qui estime « Lors de mon mariage rien que pour la réception on avait dépensé plus de cinq millions de franc » Il poursuit en expliquant  que « Dans notre religion, le christianisme, le mariage est sacré et c’est ce qu’il y’a de plus de grandiose »

L’on se rappelle que même le Président de la république, Macky Sall avait fustigé le gaspillage dans les cérémonies. « Les Sénégalais ne travaillent pas assez et passent leur temps à faire la fête», avait il dit lors d’un séminaire. L’ancien président de la république. Léopold Sédar Senghor avait institué une loi sur l’interdiction du gaspillage dans les cérémonies. Celle-ci étant « loi 67-04 du 24 février 1967 contre les gaspillages dans les cérémonies familiales et religieuses».  Mais une loi qui n’est toujours pas appliquée dans le pays.

Les cérémonies sont devenues des occasions de tout genre de gaspillage aujourd’hui. Il faut toute une fortune pour louer des grandes et somptueuses salles, des baches, des chaises et autres, pour imprimer des billets de luxe, il faut louer des voitures spéciales, il faut des tenues exceptionnelles. Avec le cœur rempli de convoitise, les gens ont fait des cérémonies  une vraie concurrence de nos jours. C’est devenu une vraie course à la recherche de la vanité. Chacun veut qu’on dise que son mariage, son anniversaire, son baptême a été le mieux célébré.

Qu’en pensent les religions ?

L’islam tout comme l’église catholique condamnent le gaspillage. Ils n’encouragent pas les nombreuses fêtes, tout ce qu’il encourage c’est plutôt le travail. Le Noble Coran après avoir enjoint le musulman dans de multiples versets de dépenser son argent dans des causes louables, lui interdit formellement dans autant d’autres versets, le gaspillage et la prodigalité et l’invite à emprunter le chemin de la sobriété et de la modération dans ses dépenses. La bible de même appelle à la sobriété.

 senenews.com

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