GuiGui : “Je suis toujours vierge, je me réserve pour mon mari”

En plein dans la promotion de son nouvel album «Esprit», la tonitruante chanteuse Guigui est sous les feux des projecteurs. Face à “L’Obs”, elle décortique son «joyau» et nous ouvre également les portes de son jardin secret, comme jamais…

Vous venez de mettre dans les bacs, votre second album «Esprit». Que pouvez-vous nous en dire ?
C’est un opus de onze titres que j’ai pu réaliser grâce à l’appui de beatmakers congolais et camerounais. Quelques morceaux ont aussi été produits en Live mais, la plupart sont enregistrés entre la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Etant donné que mon registre est varié, j’ai fait de mon mieux pour relier dans l’album plusieurs styles musicaux : Pop-Mbalakh, Rn’B, Soul, couper-décaler. Je me suis donnée à fond. L’innovation de taille, c’est que je l’ai sorti sous forme de clé Usb de 8 gigas. On peut l’écouter à la maison, au bureau, dans sa voiture. C’est assez pratique.

Pourquoi «Esprit» ?
C’est un album plein de vie. De grands esprits s’y sont rencontrés et ont apporté leur pierre à cet édifice. Pour rendre hommage à ce travail, j’ai intitulé l’album «Esprit». C’est également pour dire que j’ai gagné en maturité. En 4 ans. Je suis partie d’un stade pour franchir un autre palier. D’autant plus que, si une personne n’a pas d’esprit, elle est forcément «out» au changement.

Quelles sont vos attentes par rapport à cet opus ?
Un disque de platine, d’or, toutes les distinctions et mérites qu’un artiste attend dans sa carrière. De ce fait, je sollicite de la part de mes fans, des Sénégalais, une appropriation de l’album. Qu’ils en fassent le leur, l’achète d’abord et l’écoute ensuite, afin de mieux vulgariser mon travail. Je me suis donnée corps et âme pour que le projet aboutisse. J’ai dépensé énormément d’argent pour cela.

«Le corona m’a ruiné. J’ai vidé mon compte en banque»
Combien vous a-t-il coûté ?
Mine de rien, j’ai dépassé la vingtaine de millions. Entre les billets d’avion, les séjours à l’hôtel, les studios d’enregistrement, les salaires des musiciens, des beatmakers, la confection des clés Usb et la communication. Sans compter les petites dépenses qu’on ne peut estimer.

L’album sort dans un contexte assez spécial, avec la pandémie du coronavirus toujours présente, malgré sa régression. N’est-ce pas un risque, avec tout cet argent investi ?

Mon premier album est sorti en temps de paix, il n’y avait pas de crise ni rien et il y a eu des retombées positives. Celui-ci est prêt depuis et on a repoussé l’échéance plusieurs fois. Je reconnais que ce n’est pas évident mais, c’est un risque à prendre. J’avais beaucoup de projets sur le plan local et international, qui sont restés en suspens à cause de cette pandémie. Nous avions décidé de décentraliser le «Grand-Yoff Festival Jotna Show». Toutes les quatre éditions se sont tenues à Grand-Yoff et nous avions prévu d’aller dans d’autres communes de Dakar ou des régions. C’est ainsi que le programme «Sénégal Jotna Show» avait été élaboré dans le but de joindre l’utile à l’agréable, à travers des spectacles sons et lumières et des dépistages gratuits, des consultations pédiatriques. J’avais même rencontré les maires de certaines localités, comme celui de Sébikotane, Matar Ba de Fatick, Moustapha Diop de Louga et nous étions en phase. Malheureusement, la pandémie nous a contraint à reporter le projet. Je devais aussi me produire à Paris dans une salle en coproduction avec le promoteur Freddy. Avec Khalifa Mbaye, j’avais un concert au Canada. Sans compter les prestations que je devais donner dans les night-club et autres. Franchement, les portes étaient grandement ouvertes. Les choses reprennent timidement et pour le moment, je vais recommencer à prester au restaurant Ngor-Timis tous les dimanches soirs.

«Je vaux bien plus qu’une dot à 600 millions mais, je ne vais pas l’imposer à mon futur mari»
Beaucoup de secteurs d’activités, particulièrement celui de la musique, sont impactés. Comment faisiez-vous pour tirer votre épingle du jeu ?
J’avoue que c’était très difficile. Mais heureusement, je suis quelqu’un de très prévoyant. Je m’arrangeais pour mettre à chaque fois de l’argent de côté. C’est grâce à cet argent que j’ai pu survivre et financer mon album. Actuellement, j’ai épuisé toutes mes ressources. Le corona m’a ruinée, j’ai vidé mon compte en banque. Pourvu que la vie reprenne son cours.

Nous sommes en octobre, un mois dédié à la sensibilisation sur le cancer. On vous sait engagée dans ce combat, avez-vous eu à mener des actions dans ce sens ?
Effectivement ! Avec le contexte de la pandémie, j’ai mis l’accent sur la sensibilisation. J’ai profité de certaines tribunes pour en parler. Ça a même été le cas lors de la sortie de mon album. Ce n’est donc pas pour rien que j’ai choisi ce mois. A cet effet, un plateau spécial a été réalisé sur la Sen Tv. Il y avait des malades en rémission, des victimes du cancer et des membres de la Lisca. Nous avons fait de notre mieux pour sensibiliser et lancer un appel aux autorités. J’ose croire que le message est bien passé. Au passage, je remercie Bougane Guèye Dany et son épouse, Moumy Seck qui est une sœur pour moi. Ils ont consenti d’énormes efforts, investi de l’argent pour la sortie et la promotion de mon album.

«Je suis vierge, je me réserve pour mon mari»
Dans une de vos récentes sorties, vous disiez vouloir imposer à votre futur époux, une dot de 600 millions pour pouvoir financer une machine de radiothérapie destinée aux malades du cancer, une cause noble que vous défendez. Pensez-vous qu’un homme soit capable de dépenser autant pour doter une femme ?
Bien entendu ! La femme mérite tous les honneurs. Tout ce qu’on peut offrir à une femme n’égalera jamais sa valeur. C’est la mère, la sœur, elle est sacrée. J’ai dit que j’exigerai une dot de 600 millions en faisant référence aux prix d’une machine de radiothérapie. Si j’en avais les moyens, j’offrirais cette machine qui pourra soulager les malades du cancer. C’était juste un souhait que j’ai exprimé, mais que je ne compte pas imposer à mon futur mari. En revanche, je vaux bien plus que 600 millions. Je suis une femme de valeurs, je ne couche pas à gauche et à droite. Je ne suis pas une Marie couche-toi-là. D’ailleurs, croyez le ou non, je suis vierge, je me réserve pour mon mari (elle éclate de rires, Ndlr).

Vous êtes pourtant une artiste aguicheuse, qui n’hésite pas à étaler ses charmes ?
C’est juste une image de l’artiste que je renvoie. Au fond, je suis une personne très timide. J’aime bien faire des folies sur les réseaux sociaux, me montrer extravertie. Il m’arrive de marcher dans la rue ou d’aller quelque part et qu’on ne me reconnaisse pas. Des gens discutent avec moi, sans savoir que c’est moi, tout simplement parce que je suis de nature très calme, à la limite, timide. A mille lieues de la Guigui sur scène qui dégage une certaine présence, une prestance, une fougue. C’est loin de refléter ma vraie personnalité. L’apparence est souvent trompeuse. On ne doit pas juger une personne tant qu’on ne la connaît pas vraiment.

En parlant de votre futur mari, l’avez-vous trouvé ?
Le travail et la famille restent mes priorités. Je n’ai pas encore trouvé l’homme de ma vie, je le cherche. J’attends toujours le bon.

Comment le reconnaitrez-vous ?
Par sa générosité, sa piété, son humanité, sa sociabilité, son sens de la responsabilité et surtout, il me sera fidèle. Je ne m’attarde pas sur le physique, ni sur le statut social.

Un message à l’endroit des Sénégalais ?
Il s’adresse spécialement aux femmes. Qu’elles aillent se faire dépister, le cancer est là et il fait des ravages…

Avec L’Obs

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